Broadway Limited T.2 de Malika Ferdjoukh

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T.2, Un Shim sham avec Fred Astair
texte de Malika Ferdjoukh
l’école des loisirs, 2018

 

Janvier 1949. Six. Elles sont six à souffler sur leurs doigts quand le brouillard s’attarde sur New York. Avant de se réchauffer dans la cuisine de l’honorable pension Giboulée, où elles partagent aussi leurs rêves fous, leurs escarpins trop pointus et quelques pancakes joufflus. Un jour, elles seront comédiennes ou danseuses, et Broadway sera à leurs pieds. En attendant, Hadley, Manhattan, Page, Chic, Etchika et Ursula courent les théâtres, les annonces, les auditions, les cachets – New York est une ville fabuleuse à condition d’avoir des sparadraps dans son sac. Elles ont 19 ans ou à peine plus, et elles donneraient tout pour réussir, elles qui n’ont rien, en dehors de leur talent. Cela peut-il suffire dans cette Amérique d’après-guerre qui ne fait pas de cadeau ? Pas sûr. Mais si elles n’y croient pas, si elles n’y croient pas scandaleusement, qui y croira ? [l’école des loisirs]

 

J’ai repris le superbe résumé de l’école des loisirs en introduction de cette chronique car, en plus d’être très bien écrit, je trouve qu’il donne la mesure du roman et les questionnements qui le parcoure.

J’ai adoré retrouver les six filles de la pension Giboulées mais il ne faut pas oublier les autres personnages sans qui Broadway Limited ne serait pas cette fabuleuse série. Jocelyn, le héros masculin, arrive en tête d’affiche bien sûr. Son regard de frenchie sur l’histoire américaine d’après-guerre permet de la comparer à celle de l’Europe et de se rendre compte combien les conséquences ont été différentes en fonction des pays. Et puis il y a Mrs et Mrs Merle, ces deux sœurs d’un autre temps, propriétaires de la pension, qui surveillent et couvent leurs ouailles comme du lait sur le feu. Leurs soirées poker m’ont franchement fait sourire.

J’ai adoré retrouver aussi la multitude de personnages (plus que secondaires) qui apparaissent dans la vie parfois le temps de quelques moments fugaces, parfois comme un souvenir revenu, ou un avenir incertain. Les jeux de télescopage d’une vie à l’autre entretiennent un suspens, une tension, quand aux questions existentielles posées par l’autrice. On s’attache à une histoire (celle d’Hadley m’a particulièrement remuée) et on est embarqué jusqu’aux dernières pages s’en sans rendre compte.

Vraiment une très belle série que je recommande vivement !

Challenge Young adult 8 chez Muti 3/65

Challenge PAL en séries sur ce blog (+2)

 

Pour en savoir plus :

@ mon avis sur le premier tome

@ une interview de Jocelyn à découvrir sur le blog

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Bonus :

en direct de New York

Chrysler Building
by Hernán Piñera
via Flickr

 

 

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