Ma mère de Servant et Houdart

ma mère servanttexte de Stéphane Servant
illustrations d’Emmanuelle Houdart
Thierry Magnier, 2015

 

« Ma mère à l’amour fleurs de peau.
Un jardin tout entier.
Herbes folles, bruyère, lilas ou chardons.
On s’y coupe, s’y frotte, s’y blotti ou s’y pique.
Très tôt, avec mon père nous avons appris
A jardiner. »

 

Pour tout vous avouer je n’ai pas réellement quoi penser de cet album…

J’aime la poésie des mots de Stéphane Servant. Il apporte sa sensibilité à un sujet récurant de la littérature : la figure de la mère. La femme décrit ici n’est pas l’emblème de protection, de douceur et de responsabilité que l’on attend du personnage maternel. Elle semble beaucoup plus tourmentée et alimente les craintes de son enfant. Le texte est emprunt de douceur pour révéler une vérité plus ardue, propre à l’auteur sûrement.

thierry magnier

thierry magnier

Pour les illustrations, on reconnaît le travail d’Emmanuelle Houdart dans la fantaisie de ses compositions : visage de mère, corps de jardin et jambes de racines par exemple. On y retrouve aussi toute la symbolique du récit avec cette lampe à huile, lumière d’espoir et d’avenir, qui se balade de page en page…

Et pourtant…

Peut-être cela vient-il tout simplement du titre ? Lorsque je lis ma mère je pense à ma maman. J’aurai du tout de suite penser que c’était en réalité celle de l’auteur dont il serait question… Je m’attendais à tout autre chose.

Au final, j’ai beau reconnaître à cet album une grande créativité, un travail impressionnant et surtout une prise de risque de proposer cette vision de la mère, il ne m’a pas parlé. Cette mère n’est tout simplement pas la mienne, ou en tout cas pas la vision que je me fais d’elle. Aussi ai-je eu du mal à ressentir les émotions contenues dans ce livre. Dommage…

 

challenge je lis aussi des albums 2016pal janv 16Challenge Je lis aussi des albums 2016 chez Hérisson 7/100

et une lecture qui entre dans mon objectif lecture de janvier

 

Pour en savoir plus :

@ retrouvez les avis de Pépita, Sophie, Céline du tiroir, Gaëlle, Noukette ou encore Ricochet

@ le travail de Stéphane Servant : Le Machin ; La Culotte du loup ; Chat par-ci, Chat par-là ; Boucle d’Ours ; Nos beaux doudous ; Le Gros goûter ;

@ le travail d’Emmanuelle Houdart sur ce blog : L’Apprentissage amoureux ; La Boîte à images ; Tout va bien Merlin ! ; Abris ;

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Bonus :

une scène mère-enfant qui me plait bien

MOTHER by james goodman via Flickr

MOTHER
by james goodman
via Flickr

 

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d’une seule voix

d’une seule voix est une très belle collection dont j’affectionne particulièrement les textes. Dirigée par Jeanne Benameur dont la réputation n’est plus à faire, la collection propose des textes forts aux thématiques diverses. Ce sont des textes courts qui se lisent d’une traite et que l’on a tout de suite envie de lire à voix haute !

Après avoir découvert Ma nuit d’amour de Frédérique Deghelt et Le Voyage immobile de Valentine Goby (et d’autres titres plus anciens dont je ne vous ai pas encore parlé), voici 3 histoires à écouter pour la justesse de leurs mots.

 

 

ma tempete de neige… ma tempête de neige
texte de Thomas Scotto
Actes Sud Junior – d’une seule voix, 2015

 

« Y’en a qu’on le vertige juste au-dessus des fleuves. Mais ils y sont. On y est. Tu vas arriver. Tu vas naître. Et tu vois comme t’es attendu… tu vois t’es attendu. »

 

Zachary, le narrateur de ce court roman, a 19 ans. Il sera bientôt père. Il livre à son bébé ses émotions, ses pensées et les situations qui ont amené la conception de ce petit être. Comme le montre la citation du dessus, ce bébé est voulu, il est attendu et malgré ce qui pourrait paraître un jeune âge ce père veut être parent.

Le texte est livré tel quel, comme si Zachary parlait au ventre de sa compagne. En fait, Parfois touchant, parfois bouleversant, toujours sensible et surtout toujours juste, Thomas Scotto a eu la gentillesse de nous donner un accès direct au cœur de ce père en devenir.

Comme l’ensemble des livres de cette collection, c’est presque d’un seul tenant qu’il faut lire ce livre sous peine de passer à côté de la vague d’émotions que vous procure la lecture de ce texte. Une très belle façon de dire l’amour paternel.

 

pas couchéPas couché
texte de Cathy Ytak
Actes Sud Junior – d’une seule voix, 2014

 

« On n’a qu’un cœur. Le briser trop souvent doit nuire à la santé autant que l’abus de tabac ou d’alcool.
C’est Timothée qui dit ça, et je suis d’accord avec lui. »

 

L’amitié fille-garçon existe pour Manon. Elle en est sûre. Il suffit de voir sa relation avec Timothée. Il se sont rencontrés grâce à leur passion pour les vieux vinyles et depuis ils partagent tout. Sans coucher. Pour tant un soir, le désir vient perturber cette belle amitié… Est-ce la fin ?

Les mots de Manon s’adressent à nous lecteurs, à son entourage, pour nous prouver que nous nous trompons, que l’amitié dépasse les sexes, comme l’amour le signale-t-elle au passage. Elle crie sa révolte contre ces préceptes appliqués par ses camarades. Et puis au delà de ça, elle crie sa détresse de perdre un être si cher à cause d’un drame. L’amitié peut-elle survivre au désir ?

Ce sont des thèmes très contemporains que la plume de Cathy Ytak a su une fois de plus s’approprier. Les adolescents se reconnaitront dans ses questionnements et dans la justesse des sentiments exprimés. Le texte est court comme le veut la collection mais il est surtout bouleversant. Moi j’ai été touchée au coeur.

 

tout foutre en l'airTout foutre en l’air
texte d’Antoine Dole
Actes Sud Junior – d’une seule voix, 2014

 

« Et tout a changé, doucement, sans que personne, ne s’en rende compte. J’ai cessé de faire partie des miens à ce moment précis. Un décalage, millimétrique, entre leurs vies et la mienne, imperceptible mais là, comme un fossé entre nous. »

 

Antoine Dole se joue de son lecteur. Tout semble commencer comme une fugue amoureuse, une course à travers la ville pour trouver un refuge. Mais petit à petit, au fur et à mesure que la voix de l’héroïne nous livre ses pensées, on comprend que les enjeux sont bien plus dramatiques, voire fatales.

L’auteur dit le mal-être, la solitude et la détresse d’une jeune fille prête à l’irréparable. Il pousse ses personnages dans leurs retranchements, les amenant à un point de non-retour où leurs décisions seront cruciales. Je ne m’attendais pas à une telle fin, plutôt optimiste ou en tout cas qui laisse voir la lumière après les zones d’ombres.

Une fois de plus Antoine Dole livre un texte percutant qui remue et ne peut laisser indifférent. En un mot : Puissant.

 

challenge ya 5chez vousChallenge Young adult 5 chez Muti 25 à 27/100

Challenge Chez vous sur ce blog pour Tout foutre en l’air

qui rentre aussi dans mon objectif lecture de janvier

pal janv 16

 

Pour en savoir plus :

@ à propos de …ma tempête de neige : les avis de Carole, Pépita, Moka, Jérôme, Noukette et Liyah

@ à propos de Pas couché : les avis de La Soupe de l’espace, Liyah, Noukette, Carole, Jérôme et Lirado

@ à propos de Tout foutre en l’air : les avis de Sophie, Pépita et Ricochet

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Bonus :

une voix pour porter des textes, pour dire au monde ses pensées…

Aaron #7 - La Voix du rock 2011 by laurent.breillat via Flickr

Aaron #7 – La Voix du rock 2011
by laurent.breillat
via Flickr

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Mangastore #43

Mangastore - logoUne belle fournée de séries et aucune ne m’a déçue.
Un billet à marquer d’une pierre blanche !

 

fleur millenaire 08La Fleur millénaire T. 7/8
scénario et dessins de Kaneyoshi Izumi
Kaze manga, 2014

 

Hakuseï et Aki doivent faire face aux assassins envoyés par le prince du pays voisin pour tuer la princesse. En effet, la jeune femme devient une menace de plus en plus grande pour ceux qui veulent prendre le pouvoir et réunir les quatre royaumes sous une seule bannière…

 

Ces deux tomes voient les différentes intrigues avancées tant sur le plan de la romance interdite entre la princesse Aki et son esclave que sur les complots royaux et les guerres frontalières. Les rebondissements sont nombreux et on ne s’ennuie pas une seule seconde. Il faut par contre bien se remettre en tête (grâce au résumé du début) les évènements car le manga se complexifie pour le plus grand plaisir des lecteurs. Une série qui gagne en épaisseur et dont  la finesse des dessins n’est plus à dire.

 

PRINCESS JELLYFISH 06 - JAQ_COULEMODIF.inddPrincess Jellyfish T.6
scénario et dessins d’Akiko Higashimuro
Delcourt – Akata, 2012

 

Le futur de la résidence Amamizu est très fortement compromis. Le projet immobilier est sur le point d’être signé et les résidents lancent leurs ultimes forces dans la bataille. Mais un défilé de mode peut-il changer la donne ?

 

La mangaka joue à fond la carte de l’excentricité et de l’humour dans ce tome. On a l’impression d’être au bord de la catastrophe de manière permanente tant c’est l’affolement chez les otakus de la résidence. Les dessins adoptent les personnalités des personnages et se font tour à tour précis et délicats ou grossiers et rapides. En tout cas, c’est une série qui séduit par son originalité et qui offre suffisamment de rebondissements pour avoir envie de lire la suite.

 

liselotte 02Liselotte et la foret des sorcières T.2/3
scénario et dessins de Natsuki Takaya
Delcourt – Akata, 2014/2015

 

Liselotte construit son nouvel environnement et n’hésite pas à héberger les êtres errants autour de chez elle. Entre un familier de sorcière et un homme mystérieux, le tout aux abords d’une forêt magique, Liselotte est sûre de voir sa routine bouleversée.

 

Natsuki Takaya (Fruits Baskets, Twinkle Stars) continue de développer la mythologie de son nouvel univers. Elle introduit de nouveaux personnages assez farfelus, revient sur le passé de son personnage principal et sur les raisons de son bannissement. Ces deux tomes contiennent leurs lots de rebondissements mais on sent qu’une intrigue plus complexe est en train de se mettre en place… Côté dessin, on retrouve tout le style de la mangaka donc si vous avez aimé ses précédentes séries, foncez !

 

haikyu 06Haikyû, les as du volley T.5/6
scénario de Haruichi Furudate
Kaze manga, 2014

 

Les éliminatoires du tournoi inter-lycées viennent de commencer. L’équipe de Karasuno est plus que motivée mais de très bonnes équipes se dressent sur son chemin.

 

Forcément on retrouve la trame somme toute assez classique des shonen sportifs dans ces deux tomes. Chaque match pousse les membres du lycée Karasuno à se dépasser. Mais le volley n’est pas un sport individuel et ce que j’aime dans cette série, c’est justement les interactions entre les joueurs. Les psychologies des personnages sont peaufinées au fil des tomes et l’on en apprend plus à la fois sur le sport en lui-même et sur les équipes adverses. Rien d’original mais c’est fait avec tant de passion que l’on accroche forcément !

 

wolf girl & black prince 09Wolf girl & Black Prince T.9
scénario et dessins d’Ayuko Hatta
Kurokawa, 2016

 

Il fallait bien que ça arrive : Sata est jaloux. Lui qui croyait tout maîtriser dans son couple se retrouve à douter de sa dulcinée.

 

Un tome un peu entre-deux qui voit se dérouler plusieurs petites histoires. L’une tourne autour de la meilleure amie d’Erika (et pourrait donner naissance à une romance secondaire), une autre propose de tester la confiance de Sata et la fidélité d’Erika. Quand au dernier chapitre, il sert surtout à mettre en place une nouvelle intrigue. Bref, un tome qui se laisse lire mais qui est loin d’être le plus intéressant de la série. Espérons que la mangaka saura rebondir.

 

library wars 12Libray Wars T.12/13
scénario et dessins de Kiiro Yumi
Delcourt, 2015

 

Des terroristes ont repris l’idée d’un auteur pour mener leur mission a bien. Le corps des bibliothécaires est chargé d’assurer la protection de l’écrivain qui est menacé de prison par la loi de censure en action.

 

La série entame son dernier arc (entendez dernière intrigue de l’histoire) et l’on sent que l’auteur place ses derniers pions pour donner la fin qui se doit à cette belle série. J’ai adoré une fois de plus les quiproquos et les situations amoureuses qui viennent alléger une intrigue plus complexe autour de la liberté d’expression et de la censure. Je sais que les romans dont est issue la série sont sortis en français et je serai curieuse d’en découvrir le contenu.

 

Si vous avez manqué le début :

@ La Fleur millénaire T.1/2 [#] T.3/4 [#] T.5/6 [#]
@ Princess JellyfishT.1 [#] T.2/3 [#] T.4/5 [#]
@ Liselotte et la fôret des sorcières T.1 [#]
@ Haikyû, les as du volley T.1 à 4 [#]
@ Wolf girl and Black Prince T.1 à 3 [#] T.4 [#] T.5 [#] T.6 [#] T.7/8 [#]
@ Library wars  T.1/2 [#] T.3/4/5 [#] T.6 [#] T.7/8 [#] T.9 [#] T.10 [#] T.11 [#]

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Bonus :

Princess Jellyfish a désormais son propre film :-)

mangastore 43 - bonus

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Ascenseur pour le futur de Nadia Coste

ascenseur pour le futurtexte de Nadia Coste
Syros – Mini-soon +, 2014

 

Sélection du Prix des Incorruptibles 2015/2016, catégorie CM2/6ème

Brett se fait martyriser par une bande de garçons de son collège. Le jeune garçon n’en dit rien à personne. Lorsqu’un jour les brutes se lancent à sa poursuite, il trouve refuge dans un entrepôt. Un ascenseur s’ouvre pile au moment où il en a besoin avec au dedans un adolescent qui ne ressemble en rien à ceux de son époque. Normal, il vient de 2015, 24 ans dans le futur.

 

J’aime bien en général ce que propose la collection Soon (et ses déclinaisons pour les plus jeunes) chez Syros et ce roman ne fait pas exception à la règle.

Nadia Coste propose une intrigue autour des voyages dans le temps, ici cristallisés par une machine-ascenseur. Elle a eu l’originalité de situer la base son histoire il y a 25 ans, ce qui correspond à l’âge des parents des lecteurs de ce roman. Les différences notées par le héros projeté dans le futur sont flagrantes : smartphone, look adolescent, vocabulaire… L’inverse est aussi vrai. L’ado contemporain aux jeunes lecteurs a du mal à comprendre l’environnement du passé. Tout a tellement changé en si peu de temps. De ce côté là, Nadia Coste a fait une histoire qui se tient et surtout qui tient la route.

En plus, elle aborde le problème délicat du harcèlement scolaire, qui malheureusement ne date pas d’aujourd’hui. Elle fait de ce point une clé de voute du voyage temporel. En effet, cette situation sera le point déterminant dans la vie du héros et celui qui verra (ou non) sa vie se modifier.

Enfin, l’auteure n’oublie pas les personnages et leurs relations les uns aux autres. Celle entre l’enfant de 1991 et celui de 2015 est particulièrement touchante. Quand au passage dans le futur, c’est une expérience dont Brett aurait finalement préféré se passer. Il vaut souvent mieux ne pas savoir totalement ce que l’avenir nous réserve car il y a toujours du bien comme du mal.

Nadia Coste signe un joli roman, pas manichéen, qui met en perspective les évolutions sociétales et technologiques de ces 25 dernières années.

challengeincologochallenge ya 5Challenge Prix des Incorruptibles 2015-2016 sur ce blog

Challenge Young adult 5 chez Muti 24/100

et il compte aussi dans mon objectif lecture de janvier

 

Pour en savoir plus :

@ les avis de Faelys, Lirado et Ricochet

@ le blog de Nadia Coste

@ d’autres romans de la collection soon à découvrir sur le blog

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Bonus :

déjà tourné vers l’avenir ?

Futur en Seine (Arc de Triomphe) by Jean-Pierre Dalbéra via Flickr

Futur en Seine (Arc de Triomphe)
by Jean-Pierre Dalbéra
via Flickr

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La Petite soeur du chaperon rouge de Lévy et Perrin

petite soeur du petit chaperon rougetexte de Didier Lévy
illustrations de Clotilde Perrin
Milan, 2015

 

Tout le monde connaît le petit chaperon rouge et sa grand-mère. Mais connaissez-vous sa petite sœur de 8 ans, Carlotta ? Savez-vous qu’elle adore jouer dans la forêt avec les personnages des contes de fées ? Qu’elle est prête à tout pour les sauver du plan destructeur de sa famille ? Non ? Alors lisez cette histoire !

 

J’aime les livres qui traitent du petit chaperon rouge, qui le détourne. Ici Didier Lévy propose une suite moderne avec un chaperon rouge intéressé par la gloire, prête à vendre la forêt enchantée pour quelques sous. Pas franchement une version glorieuse pour ce personnage mythique mais heureusement Carlotta, petite fille espiègle et aventureuse, prend la relève. On la suit avec passion durant ce sauvetage magique. Elle représente à merveille la part d’enfance qui réside en chacun de nous et que la grande chaperon semble avoir oublié.

boumabib.fr

boumabib.fr

L’album arbore un très grand format qui pèse entre les mains mais qui permet de bien visualiser l’ensemble des personnages de la forêt. Et puis moi qui adore le travail de Clotilde Perrin, je ne suis pas déçue pour un sou. On retrouve son trait dans une ambiance plus calfeutrée. Les tons neutres des fonds font ressortir les couleurs des personnages, les mettent en lumière créant presque des coups de projecteur.

J’ai retrouvé tout ce que j’aime dans la littérature de jeunesse. Du pétillant, de l’aventure, de l’enfance et de l’imagination, et comme en plus j’adore les contes détournées, il était fait pour moi !

 

challenge je lis aussi des albums 2016Challenge Je lis aussi des albums 2016 chez Hérisson 6/100

 

Pour en savoir plus :

@ les avis d’Alice, Gaëlle, Yana, la Soupe de l’espace et

@ le site internet de Clotilde Perrin

@ n’hésitez pas à lire mon avis sur Le Bonhomme et l’oiseau illustré aussi par C. Perrin

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Bonus :

parce que cette photographie de deux sœurs est magnifique…

deux petites soeurs by Carlos via Flickr

deux petites soeurs
by Carlos
via Flickr

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Kodhja de Scotto et Lejonc

kodhjascénario de Thomas Scotto
dessins de Régis Lejonc
Thierry Magnier, 2015

 

« En suivant cette rue unique, il ne risquerait pas de se perdre et trouverait rapidement le Roi pensant de la Cité. Ce Roi. Le seul à pouvoir lui redonner ce qu’il avait étrangement oublié sur ses années de chemin : le goût de son prénom, la place de sa tête sur ses épaules et la bonne direction à prendre pour avancer. »

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Kodhja est une ville labyrinthe dans laquelle le héros est venu chercher des réponses. Comme le héros on s’y perd, comme lui on ne peut que suivre l’enfant guide venu nous escorter, comme lui nous sommes obligés d’affronter ce labyrinthe onirique. On se laisse surprendre avec naïveté par cet univers unique et habité imaginé par le duo Scotto/Lejonc.

Scotto reprend à son compte le proverbe ce n’est pas l’arrivée qui compte mais le chemin parcouru et nous entraine dans une histoire aux multiples facettes. Son écriture est sobre et toute en nuance. On est très proche du conte dans le rythme des mots. J’aurais adoré en écouter la lecture par Thomas Scotto lui même, je suis sûre qu’il lui aurait donné une autre lecture que celle que moi j’y mets. Car ce texte est un véritable récit initiatique et revêtira pour chacun une signification différente.

« Qu’importe un prénom effrité et des chemins de hasard, le Roi comprendrait sûrement que l’on est parfois trop fragile pour aller au bout d’une rencontre. »

Régis Lejonc a fait du texte une bande-dessinée. Les cases sont devenues une part du labyrinthe et donnent une signification particulière à l’ensemble. On passe de pages très découpées pleines de rythme à des pleines pages magistrales, comme une pause dans le temps. Les dominantes de couleurs changent au fur et à mesure, seule la tenue rouge de l’enfant-guide reste un point de repère, d’autant plus signifiant qu’il change de visage lui aussi. Dieu animal ou garnement farceur à vous de voir ? En tout cas, j’ai adoré balader mon regard dans les illustrations qui fourmillent de détails et de clin d’œil à la littérature.

kodhja - extrait

Kodhja, c’est un univers en soit, un univers en soi. C’est ce long chemin qui nous mène de l’enfance à l’âge adulte. C’est une métaphore qu’il faut prendre le temps de déguster.

Dans un très grand format et sur du papier épais, Scotto et Lejonc livrent une fable hors du temps que je prendrais plaisir à lire et relire.

PS. Les labyrinthes qui couvrent les pages de gardes de l’album ne sont pas les mêmes devant et derrière. A vous d’en trouver la sortie maintenant ?

 

objectif lecture février 2016bd_de_la_semaine_big_redUne participation à la BD de la semaine chez Yaneck

qui entre aussi dans mon objectif lecture de février

 

Pour en savoir plus :

@ l’ avis de Sophie Van der Linden, grande spécialiste de l’album jeunesse

@ et aussi ceux de Pépita, Moka, Noukette et Bodoï

@ le site internet de Thomas Scotto

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Bonus :

petit instant à garder de ma rencontre avec ce bel auteur qu’est Thomas Scotto (et ses tennis rouges)

boumabib.fr

boumabib.fr

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