Délit de fuite de Christophe Léon

texte de Christophe Léon
La Joie de lire – Encrage, 2011

 

Vendredi soir. Sébastien part pour son week-end sur deux chez son père. Rompant leurs habitudes, son père prend le volant dès le soir même au lieu de passer la nuit à l’hôtel. Il doit absolument arriver à temps pour le plombier de cette maison de campagne devenue son logement. Ils y sont presque quand le drame survient :  la vitesse de la voiture projette une femme a une auteur vertigineuse. Le père de Sébastien de s’arrête pas.

 

Voilà un roman que l’on m’a conseillé (avec raison) et vers lequel je ne serais pas allée sans ça (à cause de la couverture essentiellement).

Le livre alterne deux histoires. Celle de Sébastien, collégien, dont le père vient de causer un accident et celle de Loïc dont la mère est la victime.

Sébastien nous raconte son histoire à la première personne du singulier. Il nous fait témoin de l’acte irréparable de son père et surtout de sa fuite, sa lâcheté. Lorsqu’on est enfant, on a tous tendance à idéaliser nos parents. L’image que Sébastien se fait de son père tombe en mille morceaux, et le condamne à chercher les réponses à ces actes par lui-même. C’est dans cette optique qu’il va rencontrer Loïc et finalement devenir son ami. L’adolescent veut mettre son père en face de ses responsabilités et essayer de trouver une certaine paix morale.

La voix de Loïc utilise la deuxième personne du singulier. L’usage du « tu » est assez singulier et peut déranger au départ. Pourtant il nous implique d’avantage dans ce récit bouleversant, comme si l’auteur nous désignait depuis son cahier ou son ordinateur tel un protagoniste à part entière. Loïc en devient encore plus touchant, lui que la vie n’a pas épargné avec le décès de son père, le voilà maintenant au chevet de sa mère. Il doit lui réapprendre qui elle est, qui il est.

Christophe Léon raconte la rencontre de deux garçons solitaires, Sébastien avec le divorce de ses parents, et Loïc de par la cruauté de la vie. Ce texte bouscule dans la forme comme dans le fond. Il est bien construit, fluide et surtout très fort. Ne vous arrêtez donc pas vous non plus à la couverture et lisez-le.

[Après discussion dans les commentaires, j’enlève la citation de la fin du livre que j’avais mis au départ afin de ne rien dévoiler qui pourrait vous ôter l’envie de le lire.]

Un roman qui comptait pour le défi lecture de juin

 

Pour en savoir plus :

@ les avis de Laure, Bladelor, Fantasia, Lirado, Citrouille, les Histoires sans fin et Déborah Mirabel

@ le site internet de Christophe Léon

@ et une interview de l’auteur sur Lirado à propos de Délit de fuite

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Bonus :

 Délit de fuite est aussi le titre d’un film français de 1959

9 commentaires


  1. // Répondre

    Un roman très fort, je l’avais lu d’une traite (au départ, parce qu’il m’en manquait un pour le prochain comité de lecture qui avait lieu deux jours plus tard…). C’est vrai que la couverture n’est pas des plus attirantes mais le résumé m’avait d’emblée accrochée.
    Par contre, je ne sais pas si j’aurais cité la fin du roman… tu dévoiles quand même quelque chose d’important, tu ne crois pas ?
    A bientôt !


    1. // Répondre

      pour moi ça ne gâchait en rien la fin du roman. on sait déjà que la maman ne meurt pas à la moitié du livre et le mystère reste entier.
      il vrai que ça peut décourager certains lecteurs. alors je l’enlève…


  2. // Répondre

    J’espère que je ne t’ai pas vexée, je ne cherchais pas à critiquer ton billet ! En fait je ne pensais même pas au fait que la mère était encore en vie, mais plutôt au fait que le père de Sébastien va la voir. Pendant une grosse partie du roman il est complètement dans le déni, pour moi ce n’était pas une évidence qu’il finirait par accepter d’assumer ce qu’il avait fait, mais peut-être que je n’ai pas senti venir un truc évident !
    Bon, maintenant tu peux effacer mon commentaire parce que du coup j’en ai dévoilé autant qu’avec ta citation !


    1. // Répondre

      D’autant plus que je suis trop nulle, je l’ai mal placé, j’aurais dû cliquer sur « répondre ». Pfff !


    2. // Répondre

      pas du tout vexée. au contraire je trouve tes commentaires constructifs. si j’ai changé mon article, c’est qu’après réflexion j’étais d’accord sur le suspens à maintenir de ce côté là.
      et je vais laisser ton com comme ça ce ne sera pas moi qui aurait tout dévoilé 😉


  3. // Répondre

    Ta critique est utile, car, effectivement, la couverture ne m’aurait pas du tout donné envie, sinon… 🙂

    J’en profite pour te faire un petit coucou amical, car, comme tu as pu le constater, je ne suis pas venue te voir depuis longtemps. Il faut dire que je vis une période difficile, du moins compliquée (prise de poste dans une nouvelle région) et que j’ai peu de temps pour moi. Je commence seulement à trouver des moments rien qu’à moi… Ce n’est pas pour ça que j’oublie mes blogamies, d’où ce petit coucou ! Gros bisous !


    1. // Répondre

      petit coucou bien apprécié.
      et merci pour le « blogamie ». bonne continuation et bon courage pour ce nouveau départ. je comprends que cela te prenne du temps et viendrait sur ton blog pour avoir des nouvelles.


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