Guerre : et si ça nous arrivait de Janne Teller

texte de Janne Teller
traduit du danois par Laurence W.O. Larsen
illustrations de Jean-François Martin
Les Grandes Personnes, 2012

 

« Et si aujourd’hui, il y avait la guerre en France… Où irais-tu ?

Si les bombes avaient détruit la plus grande partie du pays, la plus grande partie de la ville ? Si les murs de l’appartement que tu habites avec ta famille étaient percés de trous, les vitres brisées, le balcon arraché ? » [premières phrases du roman]

 

Quoi de mieux que de vous citer les premières lignes de ce court roman pour vous en donner le ton. Ce livre au format passeport contient peu de pages et est donc très facile d’accès, même pour des « petits » lecteurs . Il est illustré ; les images, très graphiques, mettent en avant les attributs de la guerre : bombes, soldats, tentes… de façon brute pour percuter autant que les mots. J’introduirais donc ma chronique est disant que ce beau travail éditorial ne m’étonne pas des éditions des Grandes Personnes.

Janne Teller interpelle le lecteur avec l’utilisation du « tu ». Le lecteur est mis directement au cœur de l’action et de la réflexion. Il est impossible de se sortir de ce schéma, de prendre du recul. L’utilisation du « tu » nous implique directement.

La réflexion menée est très pertinente. Avec la situation actuelle en ligne de mire, Janne Teller imagine une France qui se bât avec les autres nations de l’UE car elles ne sont plus d’accord sur la façon de la faire fonctionner. Si la guerre était en Europe et que les pays du Moyen-Orient étaient sûrs, si la situation actuelle était inversée… l’auteur oblige le lecteur à se mettre à la place de l’autre, à imaginer la détresse, le déracinement, l’obligation de survivre dans un endroit où l’on ne sera jamais chez soi…

A l’heure où l’on rejette la faute de la crise sur ce qu’on ne connait pas, où l’on a peur de quelqu’un de différent, où l’on se ferme car les autres sont toujours la cause de nos maux…, ce petit bouquin fait du bien. Il fait du bien comme un discours militant à l’ouverture au monde, à arrêter de se regarder le nombril, à penser aux autres, à leurs souffrances, nos souffrances qui se ressemblent beaucoup plus que l’on ne pourrait le croire… Chaque paragraphe pourrais finalement faire l’objet d’une dissertation, d’une réflexion avec les adolescents autant qu’avec les adultes.

Enfin, la postface de Janne Teller nous explique que le texte initial n’était pas celui-ci. Il était adapté à la situation du Danemark. Elle nous explique donc comment elle a construit cette traduction (même procédé pour d’autres pays) et comment elle s’inspire des problématiques sous-jacentes à chaque pays pour construire son scénario.

Je pourrais vous parler encore et encore de ce livre, ce qui est paradoxale au vue du peu de pages qu’il contient.

 

Ce roman faisait partie du défi lecture de juillet.

 

Pour en savoir plus :

@ les avis de Eidole, Danielle Bertrand, Aurélie, Juliane, Kik, Céline, Orbe et Radicale

@ une interview de Janne Teller sur le site de La Soupe de l’Espace

@ le site internet de Janne Teller

@ le site de Jean-François Martin, l’illustrateur du roman

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Bonus :

 

Guerre de Corée – photo du Département Américain de la Défense

 

7 commentaires


  1. // Répondre

    Pas lu, et pourtant il est tout petit. Mais je vais essayer de lire le roman à paraître pour l’automne de cette auteure, « Rien » !


    1. // Répondre

      oui. j’ai vu cette sortie dans le catalogue des Grandes Personnes. et j’ai bien envie de le lire aussi.


  2. // Répondre

    et bien dis donc ! ce n’est pas vraiment une lecture de plage !
    je me demande bien à partir de quel âge on peut le conseiller…
    …sans faire pleurer nos petites têtes blondes !


  3. // Répondre

    Ce petit bouquin va sûrement faire partie des futures lectures de mes grands élèves ! Merci pour cette découverte !


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *