Moi, ce que j’aime, c’est les monstres : plongez dans l’univers envoûtant d’Emil Ferris

Si moi ce que j’aime c’est les monstres, c’est parce que cette bande dessinée d’Emil Ferris transforme les peurs en une quête émouvante et artistique. Paru en 2017, ce roman graphique phénomène nous emmène à Chicago fin des années 1960, au cœur d’une enquête policière dessinée à la main avec un simple stylo-bille. Karen Reyes, une fillette de 10 ans passionnée de vampires et de loups-garous, se rêve en monstre pour affronter le monde. Ce chef-d’œuvre graphique, acclamé mondialement, mérite toute votre attention.

Qui est Emil Ferris, l’artiste derrière ce livre monstre ?

Emil Ferris n’est pas une dessinatrice ordinaire. Née en 1962 à Chicago, elle mène une vie d’illustratrice et de créatrice de jouets jusqu’à un tournant dramatique : piquée par un moustique à 40 ans, elle contracte un virus rare qui la paralyse partiellement. Perte de l’usage de sa main droite, chaise roulante… Pourtant, sa fille de six ans lui scotche un crayon à la paume, et commence sa renaissance artistique. Diplômée de l’Art Institute de Chicago, elle passe six ans à créer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres, un pavé de 800 pages refusé 48 fois aux États-Unis avant d’être publié par Fantagraphics.

En France, Monsieur Toussaint Louverture édite ce trésor en 2018. Le résultat ? Un triomphe : Fauve d’Or à Angoulême 2019, Grand Prix de la Critique ACBD, trois Eisner Awards. Plus de 150 000 exemplaires vendus ici, et en 2024, un prix spécial pour le meilleur album des 20 dernières années. Son secret ? Un dessin au stylo-bille qui mime les clairs-obscurs des maîtres de l’horreur comme Bernie Wrightson, avec des hachures hypnotiques.

Karen Reyes : une héroïne qui se rêve en loup-garou

À Chicago, 1967. Karen, 10 ans, grandit dans un immeuble peuplé d’âmes cabossées : sa mère alcoolique, son frère Deeze obsédé par la musique, et Anka Silverberg, une mystérieuse voisine survivante de l’Holocauste. Karen s’imagine en loup-garou, croquant les monstres pour mieux dompter ses propres démons. Quand Anka est retrouvée morte – suicide officiel ou meurtre ? – Karen endosse son trench-coat et mène l’enquête.

Ce qui frappe, c’est la maturité de Karen. Elle dessine son journal intime comme un comic book horrifique, mêlant pulp, rock psychédélique et horreur gothique. L’univers est labyrinthique : fantômes, vampires, nazis enfuis, mafia irlandaise. Ferris tisse une fresque sociale sur la contre-culture des sixties, le racisme, la sexualité naissante et les traumatismes de guerre.

Le style graphique : une révolution au stylo-bille

Oubliez les outils numériques. Tout est tracé à la main, avec une intensité sorcellière, comme le dit Ferris : « Écrire et dessiner, c’est jeter des sorts. » Les pages grouillent de détails : motifs psychédéliques, ombres veloutées, regards perçants. Inspirée de l’underground américain, son trait puissant célèbre les monstres comme métaphores des exclus.

  • Clairs-obscurs fascinants : Hachures fines pour un effet pinceau.
  • Pages labyrinthiques : Cases irrégulières, bulles manuscrites.
  • Palette monochrome : Vert sépia qui évoque les vieux comics d’horreur.

Exposée au Centre Pompidou en 2024 et à venir aux RDV de la BD d’Amiens en 2026, où Ferris sera marraine, son œuvre bouleverse les codes d’un milieu trop masculin.

Moi, ce que j’aime, c’est les monstres – Livre deuxième : la suite attendue

Sept ans après le tome 1, le 8 novembre 2024 sort le second volume chez Monsieur Toussaint Louverture (416 pages). L’enquête sur le meurtre d’Anka s’approfondit : arrestation choc, mystères nazis, Karen grandit dans un monde plus noir. Les lecteurs adorent : notes à 17-19/20 sur les blogs, pour son réalisme accru et son horreur plus profonde.

Les critiques s’emballent : « Plus fouillis mais plus politique », « Une œuvre unique, sombre et belle ». Coffrets tomes 1 et 2 disponibles, avec livret sur l’histoire du Blemmy, monstre mythique cher à Ferris.

Prix et reconnaissance : un phénomène mondial

Ce n’est pas qu’une BD, c’est un événement. Voici les distinctions clés :

PrixAnnéeLieu
Fauve d’Or2019Angoulême
Grand Prix ACBD2019France
3 Eisner Awards2018USA
Prix spécial 40 ans ACBD2024France

150 000 exemplaires en France, traduit dans le monde entier. Ferris, révélation historique, inspire par sa résilience.

Pourquoi lire Moi, ce que j’aime, c’est les monstres aujourd’hui ?

Pour son mélange unique d’enquête policière, d’initiation et de fresque sociale. Les monstres ne sont pas dehors : ils sont en nous, nos peurs, nos secrets. Parfait pour les fans de Maus d’Art Spiegelman ou des comics underground. Si vous aimez les histoires vraies qui transcendent la fiction, comme dans Inconnu à cette adresse : l’histoire bouleversante qui dénonce le nazisme avant l’heure, ce diptyque vous hantera.

Disponible en librairie, ce livre monstre change votre regard sur la BD. Plongez-y : Karen vous attend pour chasser les ombres.

Laisser un commentaire